Oui, c’est difficile d’identifier juste un élément qui explique, quand on prend un peu de recul, en grande partie le succès d’Alpha fixe.
Ça commence par les gens qui travaillent chez nous. Je ne vous cacherai pas que je pense qu’on a une équipe très forte en termes de revenus fixes au Canada. On a donc une excellente équipe, et après ça, on demande à cette équipe‑là de se concentrer sur une partie relativement restreinte du marché des capitaux. On ne leur demande pas de régler tous les problèmes, on veut juste qu’ils se concentrent en revenu fixe. Une bonne équipe.
Tu limites un peu où est‑ce qu’on veut qu’ils travaillent ou sur quoi on veut qu’ils se concentrent, et en faisant ça, tu mets les chances de ton côté. Puis le dernier élément, surtout dans le contexte du marché dans lequel on est, où l’environnement change quasiment toutes les 10 ou 15 minutes, ça prend un processus d’investissement qui est assez flexible. Je pense que nous, comme chefs, on a plusieurs sources de valeur ajoutée. On n’est pas contraints à un seul style de stratégie. On peut vraiment déployer différentes stratégies en fonction des différentes opportunités. Je pense que ça va être une des clés du succès dans le prochain cycle.
La beauté de notre approche, c’est qu’on est capable de déployer des stratégies en fonction d’où les opportunités sont au moment présent. Si je reviens à 2022, durant la pandémie, les taux d’intérêt étaient très bas, les taux 10 ans étaient à 0,5 %, ce qui était une anomalie selon nous. Donc, comme gestionnaire de portefeuille à revenu fixe, tu veux te protéger contre des taux d’intérêt plus élevés : tu réduis la durée, tu capitalises sur une plus‑value au moment de la hausse des taux qu’on a vue en 2022.
On avance d’un an, un an et demi plus tard, en septembre 2023, les taux dix ans au Canada sont à 4 %. Très différent de 0,5 %. Le positionnement du portefeuille est fondamentalement différent. Encore une fois, un processus d’investissement qui nous permet de nous déplacer en fonction des opportunités.
Puis évidemment, tout l’aspect crédit : il y a des moments dans le cycle où le crédit est plus avantageux. On veut surpondérer le crédit. Il y a des moments, comme présentement, où le crédit est extrêmement cher, un peu comme la bourse. Le crédit est cher, donc on veut vraiment sous‑pondérer et se positionner pour de meilleurs points d’entrée. La flexibilité au niveau du processus d’investissement nous permet de capturer et de déployer le risque là où on pense qu’on a la meilleure chance de générer de l’alpha.
La fin de semaine, j’échange mes écrans Bloomberg pour un tracteur, une scie mécanique ou n’importe quel outil nécessaire pour avancer notre projet d’érablière, que j’ai en copropriété avec mon frère. Le gros de mon temps libre est passé à préparer la saison des sucres, qui débute habituellement de mi‑mars à fin avril. Ça me permet vraiment de déconnecter de la réalité quotidienne des marchés financiers. Il n’y a rien qui remplace une journée à travailler dans le bois : l’énergie, la beauté, et ainsi de suite. C’est quelque chose qui me permet d’équilibrer un peu tout le stress causé par mon autre job, au niveau de la gestion de portefeuille.
