Une occasion négligée
Les marchés émergents (MÉ) comptent parmi les segments les plus diversifiés et dynamiques de l’univers des placements. Pourtant, l’ampleur des opportunités qu’ils offrent est souvent sous-représentée dans les indices de référence et, par conséquent, dans les portefeuilles des investisseurs. L’un des principaux défis est la concentration. À eux seuls, la Chine, l’Inde, Taïwan et la Corée du Sud représentent les trois quarts de l’indice MSCI Marchés émergents, tandis que la Chine et l’Inde comptent pour près de la moitié de sa pondération totale. À l’autre extrémité du spectre, près de 70 % des composantes de l’indice affichent une pondération inférieure à 0,05 %, ce qui limite leur incidence sur le rendement global*. Il en résulte un indice de référence qui ne reflète qu’en partie la réalité des MÉ et qui laisse de côté une grande portion du potentiel de la catégorie d’actifs.
Des pays comme le Chili, la Grèce et l’Égypte, malgré leur faible pondération dans les indices, ont affiché une croissance soutenue et des rendements concurrentiels au cours des dernières années*. Une diversification entre différents pays et différentes tailles d’entreprises peut aider les investisseurs à atteindre une représentation plus équilibrée des occasions offertes par les MÉ, tout en atténuant les risques de concentration. Au-delà des indices de référence se trouve un vaste univers d’entreprises innovantes, de champions régionaux et de sociétés bénéficiant de tendance de croissance structurelle, qui demeurent souvent inexplorées par les stratégies indicielles.
Source : Artisan Partners/FactSet/MSCI/S&P. Données au 31 décembre 2024. « Top MSCI EM Index Country » désigne le pays avec le rendement total le plus élevé dans l’indice MSCI des marchés émergents à chaque période. La performance passée ne garantit pas et n’est pas un indicateur fiable des résultats futurs.
Pour les investisseurs actifs comme l’équipe Marchés émergents durables d’Artisan Partners, cette diversité constitue un terrain fertile pour repérer des entreprises capables de générer de la valeur à long terme à travers différents cycles de marché. Bon nombre de ces sociétés attirent peu l’attention des analystes traditionnels, mais elles se distinguent par une résilience de leurs bénéfices, une gestion disciplinée du capital et un alignement avec les intérêts des parties prenantes. Autant de caractéristiques qui peuvent favoriser une croissance durable sur le long terme.
Escompte de valorisation et moteurs de croissance mondiale
Les actions des marchés émergents se négocient aujourd’hui à des valorisations nettement inférieures à celles des marchés développés et par rapport à leur propre historique. Sur le ratio cours/valeur comptable, l’indice MSCI Marchés émergents se négocie à un escompte de près 40 % par rapport aux marchés développés, comparativement à un escompte moyen de 22 % sur les 20 dernières années*. Les ratios cours/bénéfices prévisionnels racontent la même histoire, les actions des MÉ se négociant à environ la moitié du niveau de l’indice S&P 500®.
Historiquement, des écarts de valorisation aussi marqués ont souvent précédé des périodes de surperformance des MÉ. Au début des années 2000, alors que les escomptes étaient comparables à ceux observés aujourd’hui, les marchés émergents ont surpassé les marchés développés pendant près d’une décennie*. Les valorisations actuelles semblent davantage refléter la prudence des investisseurs et certaines perceptions du marché qu’une faiblesse structurelle, ce qui pourrait représenter une occasion attrayante pour les investisseurs à long terme.
Source : Artisan Partners/FactSet/MSCI/S&P. Données au 31 décembre 2024.
Cependant, les valorisations attrayantes ne suffisent pas à elles seules à définir le potentiel des MÉ. Ces économies occupent une place de plus en plus centrale dans la croissance mondiale. Elles représentent environ 85 % de la population mondiale et près de 70 % de la croissance additionnelle du PIB au cours de la dernière décennie*. L’essor des classes moyennes stimule la demande dans des secteurs clés, comme les services financiers, les soins de santé et le commerce électronique.
Les marchés émergents sont également au coeur de l’innovation et des avancées technologiques mondiales. Taïwan et la Corée du Sud occupent une position stratégique dans la chaîne d’approvisionnement des semi-conducteurs, tandis que la Chine représente aujourd’hui près de 30 % des dépenses mondiales en recherche et développement*. Le Brésil s’est imposé comme un chef de file dans l’adoption de la fintech, et plusieurs économies émergentes franchissent les voies traditionnelles de développement pour devenir des pôles d’innovation. Leur contribution à la transition énergétique est tout aussi importante, qu’il s’agisse de l’extraction et de la transformation de minéraux critiques ou du développement et de l’adoption des énergies renouvelables.
Parallèlement, les MÉ démontrent une résilience remarquable et un dynamisme démographique. La Grèce et l’Argentine, autrefois écartées, réalisent des retours historiques, offrant des exemples convaincants de résilience. Des pays comme la Pologne, la Slovénie et le Kazakhstan attirent davantage de capitaux, en partie en raison de l’incertitude croissante dans les marchés développés. En Afrique, en Inde et en Asie du Sud-Est, la croissance démographique est sur le point d’appuyer une expansion économique soutenue et un dynamisme entrepreneurial, positionnant ces régions comme moteurs de croissance à long terme.
Découvrir des perles cachées au-delà de l’indice
Les investisseurs qui regardent au-delà de la composition des indices et des discours médiatiques sont souvent mieux positionnés pour tirer parti du potentiel des MÉ. En mettant l’accent sur les tendances structurelles à long terme et sur des modèles d’affaires résilients, ils accèdent à un univers d’occasions beaucoup plus vaste. Chaque pays, chaque secteur et chaque entreprise présente une combinaison unique d’opportunités et de risques.
Dans cette perspective, investir dans les marchés émergents ne consiste pas à rechercher la volatilité ni à faire des prévisions macroéconomiques générales. Il s’agit plutôt d’identifier des entreprises disposant d’avantages concurrentiels durables et d’une capacité à générer des bénéfices au fil du temps. Pour ceux qui sont prêts à approfondir leur analyse, les marchés émergents constituent un terrain fertile pour saisir des occasions de rendements composés.
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Conclusion
Les investissements internationaux comportent des risques particuliers, notamment des fluctuations monétaires, une liquidité moindre, des méthodes comptables et des systèmes économiques et politiques différents, ainsi que des coûts de transaction plus élevés. Ces risques sont généralement plus importants dans les marchés émergents et moins développés.
