Photo : Jacques Descloitres | NASA sous License CC 2.0
Faits saillants
La volatilité a fortement augmenté sur les marchés financiers en mars, l’escalade entre Washington et Téhéran ayant conduit à une fermeture quasi complète du détroit d’Ormuz, par lequel transite normalement près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole.
Au cours des cinq dernières décennies, cinq conflits majeurs ont entraîné de fortes hausses des prix du pétrole. Sans parallèle parfait, l’expérience de la guerre du Golfe suggère néanmoins que la situation pourrait encore se détériorer avant de s’améliorer.
Heureusement, le niveau actuel des prix du pétrole et la moindre sensibilité de l’économie mondiale aux chocs pétroliers suggèrent qu’une récession demeure largement évitable. Cela dit, plus l’absence de reprise du transport maritime dans le détroit d’Ormuz se prolonge, plus les conséquences économiques risquent de s’amplifier de manière non linéaire.
D’ailleurs, au‑delà de la résilience énergétique des États‑Unis, des enjeux plus sérieux émergent en Europe et en Asie, auxquels s’ajoutent des perturbations des chaînes d’approvisionnement qui dépassent largement la seule sphère énergétique.
Dans ce contexte, nous avons ramené notre allocation en actions à un niveau neutre et accru notre exposition aux obligations le 19 mars dernier. Des perspectives de bénéfices toujours solides laissent entrevoir un rebond rapide des actions en cas de dénouement géopolitique plus favorable début avril. À défaut, l’absence d’excès de pessimisme et des valorisations encore élevées suggèrent un biais baissier.
Enfin, le risque d’une remontée des taux obligataires semble désormais plus limité, tandis que l’évolution des prix de l’or continue de nous laisser perplexes, malgré le repli observé en mars.
Conclusion
Si notre scénario de base continue d’anticiper une poursuite de la croissance économique —sous réserve qu’une reprise graduelle du transport maritime dans le golfe Persique s’amorce dans un horizon rapproché —, le risque d’un choc stagflationniste, aux conséquences plus lourdes pour la croissance mondiale, demeure significatif. Tactiquement, cet environnement d’incertitude élevée appelle une gestion des risques plus étroite, jusqu’à ce que (1) la visibilité s’améliore ou (2) le pessimisme des investisseurs atteigne un niveau excessif.
