La raison est simple : ce n’est pas le nombre de fonds qui diversifie un portefeuille, mais les moteurs de rendement. Lorsqu’on analyse ce qui se trouve dans plusieurs grands indices boursiers, on observe souvent un schéma familier : une forte exposition aux mêmes secteurs et thématiques dominants, ce qui crée un risque de concentration caché.
C’est ici que les actifs réels peuvent jouer un rôle utile, en aidant les investisseurs à ajouter des expositions liées à des forces économiques et à des caractéristiques de flux de trésorerie différentes, ce qui peut potentiellement améliorer la résilience du portefeuille dans divers environnements de marché.
Pourquoi les portefeuilles « diversifiés » peuvent tout de même être trop concentrés
De nombreux investisseurs associent la diversification au simple fait de détenir plus de fonds ou d’être exposés à davantage de régions. Toutefois, si ces placements sont ultimement influencés par les mêmes forces de marché, comme les attentes de croissance mondiale, l’appétit pour le risque lié aux actions ou la performance d’un groupe restreint de sociétés à très grande capitalisation, le portefeuille peut être diversifié de nom seulement.
Une façon concrète de repérer ce phénomène consiste à examiner les corrélations. Lorsque les placements montent et baissent ensemble, le portefeuille ne bénéficie peut-être pas d’une diversification significative. L’ajout d’un bloc d’actifs réels peut présenter des corrélations nettement plus faibles avec les principaux indices d’actions américaines, mondiales et émergentes. Cela suggère qu’une stratégie d’actifs réels peut aider les investisseurs à aller au-delà d’une diversification de surface et à ajouter une exposition à des moteurs de rendement différents liés aux actifs réels, au revenu et à l’économie réelle.
Source : Capintel. Période sur 3 ans au 31 juillet 2026.
Le problème du chevauchement entre les indices
Les investisseurs combinent souvent plusieurs composantes d’actions, comme les actions américaines, les actions mondiales développées et les marchés émergents, afin de répartir le risque. Or, les grands indices peuvent tout de même présenter une domination sectorielle similaire, notamment dans les technologies de l’information, des expositions factorielles qui se recoupent, comme la croissance, le momentum et la qualité, une influence importante des mégacapitalisations mondiales et une plus grande tendance à évoluer dans la même direction lors des périodes de volatilité.
Le résultat est un portefeuille qui semble diversifié, mais qui peut tout de même reculer comme un seul bloc de risque lorsque les marchés subissent des tensions.
Sous le capot : la concentration sectorielle
Lorsqu’on examine les principaux secteurs représentés dans les grands indices, un constat ressort clairement : un petit nombre de secteurs importants domine souvent les rendements, et les secteurs dominants peuvent être étonnamment similaires d’une répartition d’actions dite « diversifiée » à l’autre.
| Indice | Services financiers | Énergie | Matériaux | Produits industriels | Technologies de l’information | Services publics | Biens de consommation de base | Consommation discrétionnaire | Services de communication | Immobilier | Soins de santé |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Indice composé S&P/TSX | 36,1 % |
17,4 % |
15,6 % |
10,5 % |
7,2 % |
3,6 % |
3,3 % |
3,1 % |
1,6 % |
1,3 % |
0,3 % |
| Indice MSCI EAEO | 26,5 % |
3,8 % |
5,9 % |
19,0 % |
10,0 % |
3,8 % |
6,8 % |
8,4 % |
3,8 % |
1,6 % |
10,2 % |
| Indice MSCI Monde | 16,8 % |
4,0 % |
3,2 % |
11,5 % |
28,7 % |
2,5 % |
5,1 % |
9,0 % |
8,1 % |
1,7 % |
9,1 % |
| Indice MSCI Marchés émergents | 20,0 % |
3,5 % |
5,8 % |
6,5 % |
40,8 % |
2,0 % |
2,8 % |
8,6 % |
6,6 % |
1,0 % |
2,6 % |
| Indice S&P 500 | 12,3 % |
3,3 % |
1,8 % |
8,7 % |
36,5 % |
2,1 % |
4,6 % |
9,4 % |
9,9 % |
1,9 % |
9,1 % |
Source : Factset, au 31 juillet 2026
Pourquoi est-ce important?
Parce que la concentration sectorielle n’est pas qu’un détail de construction de portefeuille : c’est une exposition au risque. Lorsque les mêmes secteurs dominent plusieurs placements, les résultats du portefeuille deviennent davantage tributaires d’un ensemble plus restreint de moteurs macroéconomiques, comme la sensibilité aux taux d’intérêt, la concentration des bénéfices dans quelques industries, le risque de valorisation lorsqu’un secteur populaire devient trop prisé et les vents contraires réglementaires ou géopolitiques qui peuvent toucher certaines industries.
Autrement dit, détenir plusieurs produits qui suivent des indices ne garantit pas l’accès à plusieurs moteurs de rendement. Lors des périodes où la volatilité augmente ou lorsque les marchés reculent, les composantes d’actions « diversifiées » ont souvent tendance à évoluer plus étroitement ensemble. Voilà le véritable défi de la diversification aujourd’hui : il ne s’agit pas de détenir davantage de lignes dans un portefeuille. Il s’agit plutôt de détenir des expositions qui réagissent différemment aux conditions économiques.
Source : Capintel. Analyse des pertes sur 5 ans.
Le rôle des actifs réels dans la diversification
Les actifs réels désignent généralement des actifs liés à l’économie réelle, souvent caractérisés par des éléments tangibles ou apparentés aux infrastructures, notamment :
- Les entreprises et actifs liés aux infrastructures
- Les flux de trésorerie liés à l’immobilier
- Les services publics et services essentiels
- Les actifs liés à l’énergie et aux ressources naturelles
Avantage no 1 : un moteur de rendement différent
Plutôt que d’être dominés par le même cycle de leadership des « grands secteurs », les actifs réels peuvent offrir une exposition à des segments générateurs de flux de trésorerie, liés à la demande réelle et, dans certaines stratégies, à des profils de revenus contractuels.
Avantage no 2 : un potentiel de gestion des baisses
L’un des principaux objectifs de nombreuses stratégies de revenu axées sur les actifs réels n’est pas de « gagner tous les mois », mais plutôt d’améliorer l’expérience de placement, en cherchant à offrir des résultats plus résilients lors des périodes de volatilité.
Avantage no 3 : un revenu qui complète les sources traditionnelles
Dans de nombreux portefeuilles, le « revenu » est souvent associé aux obligations. Or, les obligations peuvent être mises à l’épreuve lorsque les taux augmentent ou lorsque l’exposition à la duration devient moins confortable pour les clients. Une composante de revenu axée sur les actifs réels peut offrir une exposition additionnelle orientée vers le revenu, qui n’est pas uniquement influencée par les mêmes dynamiques de taux que les titres à revenu fixe traditionnels.
Avantage no 4 : de meilleurs comportements d’investisseur
Cet élément est souvent sous-estimé. Le meilleur portefeuille est celui auquel l’investisseur peut rester fidèle. Les portefeuilles qui subissent des baisses plus marquées peuvent provoquer des décisions émotionnelles, comme vendre au creux du marché, abandonner son plan ou compromettre ses résultats à long terme. Une trajectoire de rendement plus stable peut favoriser de meilleurs comportements d’investissement sur l’ensemble des cycles de marché.
La diversification mérite une mise à niveau
Le message à retenir n’est pas que les indices sont mauvais ou que les composantes traditionnelles ne fonctionnent plus. C’est plutôt que les portefeuilles modernes peuvent devenir concentrés de façon involontaire, puisque les grands indices peuvent présenter des biais sectoriels et des moteurs de performance similaires, même lorsqu’ils couvrent différentes régions et différents « styles ».
C’est pourquoi les actifs réels méritent une place dans la conversation sur la diversification. Ils peuvent aider les investisseurs à aller au-delà d’une diversification de surface et à adopter une diversification fondée sur les véritables moteurs de rendement. Cette approche enrichit les expositions susceptibles de se comporter différemment selon l’inflation, la volatilité et l’évolution des régimes économiques.
