Après un début d’année houleux, les marchés boursiers ont enregistré de solides gains au deuxième trimestre, soutenus par l’apaisement des tensions géopolitiques, la résilience de l’économie mondiale et l’engouement généralisé pour l’intelligence artificielle (IA). Les marchés émergents se sont particulièrement démarqués avec des gains spectaculaires, portés notamment par la vigueur de Taïwan et de la Corée du Sud, deux pays étroitement liés à la chaîne de valeur des semi-conducteurs. Ce contexte a également bénéficié aux actions américaines, tandis que les actions canadiennes et la région EAEO ont affiché des rendements plus modestes. Pour sa part, l’univers obligataire canadien a livré une performance en ligne avec les taux de rendement à l’échéance, malgré un épisode de volatilité accrue en mai, au plus fort des préoccupations liées à l’inflation.
Sur le plan économique, la principale évolution du trimestre aura été le recul marqué des prix de l’énergie, dans un contexte où les tensions au Moyen-Orient semblent désormais moins aiguës, sans pour autant être complètement résolues. Même si de nouveaux épisodes de volatilité ne peuvent être exclus, la reprise graduelle du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz retire un important vent de face à l’économie mondiale en réduisant la pression sur les chaînes d’approvisionnement et les prix à la pompe pour les consommateurs. Pour la Réserve fédérale, maintenant présidée par Kevin Warsh, cet environnement demeure toutefois un défi de taille, alors que la banque centrale doit composer avec le taux d’inflation le plus élevé en trois ans, après une période de cinq années durant laquelle l’inflation est demeurée supérieure à sa cible de 2 %.
Parallèlement, l’intelligence artificielle continue de jouer un rôle central dans la dynamique des marchés. La croissance des profits a été particulièrement spectaculaire chez les entreprises œuvrant dans la fabrication de puces et de mémoire vive, une composante cruciale dans la chaîne de valeur de l’IA. Cela dit, le fort degré de concentration dans cette seule thématique rend les marchés plus sensibles à toute déception quant au rythme des dépenses d’investissement ou à la progression des bénéfices.
Dans ce contexte, notre scénario de base continue d’anticiper une croissance économique près de son potentiel, avec une stabilisation du prix des matières premières et un ralentissement graduel de l’inflation, bien que cette dernière devrait rester au-dessus de la cible pendant encore un certain temps. Le scénario positif d’un équilibre idéal gagne légèrement en crédibilité avec le recul des prix de l’énergie et la résilience du marché de l’emploi américain, alors que le principal risque défavorable a plutôt changé de nature depuis le dernier trimestre. En effet, le scénario de stagflation laisse place à une surchauffe, où la croissance économique demeure au rendez-vous, mais où l’inflation devient plus problématique.
Du point de vue des investisseurs, malgré les nombreux défis qui subsistent, la balance des risques demeure favorable aux marchés boursiers. Ainsi, à mesure que la conjoncture macroéconomique s’améliorait, nous avons adopté une orientation tactique plus favorable aux actions au cours du trimestre, en faisant passer leur allocation de neutre à surpondérée dès la fin avril, au détriment des obligations. Au sein des actions, nous privilégions les États-Unis et les marchés émergents par rapport à la région EAEO. Ces deux régions semblent mieux positionnées pour profiter de l’environnement actuel, notamment grâce à une croissance des bénéfices plus robuste, à une exposition à la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle et à des valorisations qui demeurent raisonnables.
