Malgré une accumulation de vents de face, les marchés boursiers ont poursuivi leur progression au troisième trimestre, enregistrant des rendements modestes, mais positifs, surtout en Amérique du Nord. Le bilan a toutefois été moins favorable pour l’univers obligataire canadien, qui a reculé alors que les taux de long terme atteignaient de nouveaux sommets cette année. Parallèlement, l’or et les prix de l’énergie se sont appréciés, reflétant un environnement caractérisé par des risques inflationnistes et géopolitiques toujours bien présents.
Sur le plan économique, un thème important aura été la persistance des tensions au Moyen-Orient et des pressions qu’elles exercent sur les prix de l’énergie, particulièrement sur les produits raffinés tels que l’essence et le diesel. Si l’économie mondiale a jusqu’à présent fait preuve de résilience, la durée du choc devient de plus en plus importante. En l’absence d’un apaisement durable, des coûts énergétiques élevés risquent de maintenir l’inflation au-dessus de la cible et, éventuellement, de provoquer des effets de second tour à travers l’ensemble du panier de consommation. L’information fragmentaire entourant l’évolution du conflit ajoute par ailleurs une couche d’incertitude à des perspectives déjà difficiles à évaluer.
Pour la Réserve fédérale et son nouveau Président, Kevin Warsh, cet environnement a progressivement rendu l’inaction intenable. La résilience du marché de l’emploi, combinée à une inflation persistante, l’a finalement incité à relever son taux directeur pour la première fois en trois ans, contribuant ainsi à la remontée des taux obligataires. Malgré ce resserrement monétaire, les perspectives de profits demeurent solides, soutenues par une économie résiliente et des investissements technologiques toujours robustes.
Dans ce contexte, notre scénario de base continue d’anticiper une croissance économique près de son potentiel, malgré des prix des matières premières volatils et une inflation inconfortablement élevée. De plus, une issue plus favorable demeure possible si les tensions qui alimentent les prix de l’énergie s’apaisent durablement, permettant aux pressions inflationnistes de se résorber plus rapidement. Toutefois, la balance des risques reste inclinée vers un scénario de surchauffe temporaire, où la persistance des pressions sur les prix contraindrait la Fed à resserrer plus fortement les conditions monétaires. Une telle évolution pourrait finir par peser sur la croissance économique et les bénéfices, voire les investissements liés à l’intelligence artificielle. Chose certaine, du point de vue des investisseurs, la marge de manoeuvre s’est rétrécie au cours du dernier trimestre, marqué par une hausse simultanée des taux d’intérêt et des prix de l’énergie.
Dans les circonstances, nous avons resserré notre prise de risque en prenant des profits sur une partie notre surpondération en actions au courant du mois de septembre. Le capital ainsi dégagé a été réalloué vers les obligations, où les rendements à échéance offerts se situent près de sommets inégalés depuis 20 ans. Au sein des actions, nous avons mis fin à une année de surpondération profitable des marchés émergents et augmenté notre allocation au Canada, dont l’exposition plus importante aux matières premières offre une complémentarité intéressante dans l’environnement actuel, en plus d’une dynamique de marché favorable.
