Faits saillants
Les marchés boursiers ont poursuivi leur progression en mai malgré l’impasse persistante dans le détroit d’Ormuz, où un équilibre précaire — coûteux, mais suffisant pour éviter le pire — semble s’installer. La pression s’intensifie toutefois pour rétablir graduellement le trafic maritime cet été, les réserves mondiales ne pouvant compenser la situation indéfiniment.
Entre-temps, d’autres thèmes dominent l’attention des marchés, à commencer par la surperformance persistante des pays émergents. Jadis axés sur les secteurs cycliques, ils sont désormais portés par l’essor de l’intelligence artificielle, qui propulse les profits – et le poids – d’une poignée de géants asiatiques. Dans ce contexte, le principal risque ne réside pas tant dans les valorisations, qui demeurent relativement raisonnables, que dans la forte concentration autour d’une seule et même thématique.
Parallèlement, l’arrivée de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale survient dans un contexte particulièrement délicat pour les marchés obligataires. Les taux des bons du Trésor sont poussés à la hausse par une combinaison de facteurs : augmentation de la prime à terme, pressions inflationnistes et révision marquée des attentes de politique monétaire. Pour l’instant, la situation demeure gérable, mais la vigilance reste de mise, notamment face au risque qu’une inflation plus persistante complique la tâche d’un nouveau président encore peu éprouvé par les marchés.
En somme, le défi pour les investisseurs, dans un monde où les événements historiques se succèdent à un rythme effréné, est de ne pas perdre de vue la situation d’ensemble. Aujourd’hui, les risques demeurent nombreux, mais la vigueur des profits et l’équilibre — certes fragile — des marchés de l’énergie suggère que le vent dominant reste favorable aux actions.
Conclusion
Malgré une incertitude persistante, la résilience des marchés boursiers, qui continuent d’évoluer sur une trajectoire haussière en dépit des obstacles, mérite d’être reconnue. Dans ce contexte, nous maintenons une surpondération des actions, tout en demeurant attentifs aux risques géopolitiques, inflationnistes et de concentration dans la thématique IA.
